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La France est une grande puissance scientifique. 6ème rang mondial (3,5% des publications scientifiques totales), et 4ème au niveau des publications les plus citées. 5ème rang des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) avec 2,23% du PIB consacré à la recherche et au développement en 2013… Bref, la France entretient avec les milieux scientifiques internationaux une relation forte, stable et florissante.

La coupe est pleine, vidons-la!

Pourtant, hier, 8 scientifiques reconnus (prix Nobel et médaille Fields, rien que ça) s’indignent dans une tribune publiée au journal le Monde. Mais ils s’indignent de quoi? Un projet de décret, présenté le 18 mai, prévoit une annulation budgétaire de 256 millions d’euros de crédits sur la mission recherche et enseignement supérieur (Mires). Le budget pour 2016 prévoyait 7,71 milliards d’euros dédiés à la recherche. Les chercheurs mettent en garde et parlent de “suicide scientifique et industriel” car, pour eux, cette suppression de budget laissera des traces durables, et risque de remettre en cause voire de stopper des projets déjà lancés.

Cette coupe budgétaire aurait donc pour conséquence de limiter les nouvelles recherches dans des domaines d’avenir, et de fragiliser les organismes. D’après Najat Vallaud-Belkacem (Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche), “il s’agit de mobiliser en particulier leurs fonds de roulement disponibles et leurs trésoreries, sans mettre en cause l’exécution des budgets prévus”. Qu’est-ce qu’un fonds de roulement? Il s’agit, entre autres, d’économies sur les précédents budgets pour permettre d’autres recherches et constitue une réserve en cas de dépenses imprévues sur un projet. Si on supprime ce fonds de roulement, les organisme de recherche risquent de ne pas pouvoir mener à bien certains de leur projet.

Une atteinte à la recherche, à l’enseignement supérieur et au développement

Si cette coupe budgétaire permettrait au gouvernement de faire un quart des économies nécessaires pour mettre en place les projets prévus depuis le début d’année, la FABRIQUE dénonce cette proposition qui affaiblit une fois de plus le domaine universitaire déjà en difficulté: 7 universités en déficit, ce qui entraîne notamment le non-paiement des vacataires (des doctorants, futurs chercheurs dans les domaines dont le budget est aujourd’hui décrié..).

Ce gouvernement, qui nous certifie vouloir mettre en avant l’enseignement, la jeunesse, le développement et l’emploi, nous met une nouvelle fois devant ses contradictions.

La FABRIQUE soutient donc ces éminents scientifiques et s’inquiète de l’avenir donné aux futurs chercheurs et demande au gouvernement et parlementaires de ne pas établir ce décret. La fuite des cerveaux est déjà en cours, et ce genre de décision ne risque pas de les faire rester et/ou revenir!

sources :

l’appel des Nobels dans le Monde

émotion au sein de la communauté scientifique

« suicide scientifique et industriel »

Relai de l’appel dans l’express

projet de loi finance 2016

séance d’adoption du projet de loi finance 2016