Aujourd’hui s’ouvre à Paris le procès de la société Casa Immo. Une cinquantaine d’étudiants lui reproche de leur avoir vendu des listes de logement prétendument à louer mais déjà occupés.

Bruno Mazurier | Publié le 27 mars 2014, 07h00

 
Paris (XVIIe), hier. Aujourd’hui rebaptisé Eden Immo, le marchand de listes d’appartements à louer Casa Immo comparaît aujourd’hui et demain au tribunal de grande instance à la suite d’une cinquantaine de plaintes.
Paris (XVIIe), hier. Aujourd’hui rebaptisé Eden Immo, le marchand de listes d’appartements
à louer Casa Immo comparaît aujourd’hui et demain au tribunal
de grande instance à la suite d’une cinquantaine de plaintes. (LP/Victoria Viennet.)
 

AUDREY suivra aujourd’hui et demain « avec beaucoup d’attention » l’audience du TGI de  où doit comparaître le marchand de listes parisien Casa Immo, aujourd’hui rebaptisé  Immo. Une société contre laquelle, avec une cinquantaine d’autres victimes, cette étudiante a porté plainte pour « pratiques commerciales trompeuses ». Le business de la société Casa Immo ? Commercialiser des listes de logements soi-disant vacants, mais qui se révèlent bien souvent déjà occupés par un autre locataire… Comme Audrey, des milliers de personnes, bien souvent des étudiants, ont été confrontées à cette arnaque. Récit.

En 2011, prévenue deux semaines avant la rentrée de son admission à l’université de Versailles, la jeune femme originaire d’Auvergne doit très vite trouver un toit. Sur , une annonce accroche son regard : « Superbe studette, Versailles, tout confort » mise en ligne par Casa Immo. « Il y avait juste un numéro de téléphone, celui d’une agence parisienne où l’on m’a demandé de passer avant la visite », se souvient Audrey qui, illico, monte à Paris avec ses parents.

250 € à payer au préalable 

Une fois à l’agence, Audrey se voit réclamer 250 € d’emblée. « Pour le service, m’a expliqué l’unique personne présente. Elle m’a ensuite donné le téléphone du propriétaire à Versailles. Mais pas d’adresse, s’étonne Audrey. Dans la précipitation, j’ai payé. La femme de l’agence a su m’embobiner, m’assurant que c’était sans problème, que le logement était libre. Je l’ai crue. » Mais les multiples appels au propriétaire resteront sans réponse… Jusqu’au lendemain où celui-ci demande de ne plus l’appeler, le studio est déjà loué… « et d’ailleurs, il avait prévenu l’agence ». Après de multiples tentatives dont une médiation, Audrey fait appel à un huissier qui se rend chez Casa Immo. Voilà qui lui permettra de se faire rembourser les 250 .

Aujourd’hui, comme les autres victimes soutenues par l’UFC-Que choisir et l’association étudiante la Fabrique, la jeune femme demande réparation pour les frais induits par sa mésaventure : huissier, procédure, « et surtout une location prise dans l’urgence et pour laquelle je n’ai pu toucher l’APL car non déclarée » insiste-t-elle. « Cette audience s’annonce intéressante. Elle pourrait mettre fin à ce genre de pratique », ajoute Frédéric Blanc, juriste à l’UFC-Que choisir. Les dirigeants de Casa Immo, que nous avons essayé de joindre, en vain, encourent deux ans de prison et 150 000 € d’amendes.

Le Parisien

 

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