Payer jusqu’à 450 € pour une liste d’appartements déjà loués, cela a pu arriver à certains en quête d’un logement étudiant. Comment éviter une telle mésaventure ? Cindy Pétrieux, présidente de La Fabrique, le réseau des étudiants entreprenants – qui accompagne notamment les victimes d’arnaques – attire votre attention sur les « marchands de listes ».

 

Cindy Pétrieux La Fabrique

Casa-Immo, un « vendeur de listes », a été condamné le 13 juin 2014, pour « pratique commerciale trompeuse » par le Tribunal de Grande Instance de Paris. C’est une première ?

 

Le motif de la condamnation, oui. Des condamnations par des tribunaux de proximité, il y en a déjà eu, mais pour « pratique commerciale trompeuse », c’est une première ! Ce jugement est le fruit d’une action collective que nous menons pour que les vendeurs de listes arrêtent de profiter des difficultés d’accès au logement des jeunes. Casa/Eden Immo doit 10.000 € d’amende et elle doit dédommager les 106 plaignants, majoritairement étudiants au moment des faits. Au total, c’est environ 50.000 € de condamnation. Sans compter la publication du jugement sur les vitrines de ses agences, dans les quotidiens nationaux « Le Monde » et « Le Parisien », et sur www.pap.fr.

 

Comment les « marchands de listes » s’y prennent-ils pour arnaquer les étudiants ?

 

Lorsque vous entrez chez eux, vous pensez être dans une agence immobilière. Ils s’installent d’ailleurs souvent dans des rues où les agences se succèdent. La plupart du temps, l’affiche, précisant qu’ils n’en sont pas une, est bien en vitrine, mais cachée au niveau des pieds ou derrière une plante verte. Les jeunes ne connaissent pas et font confiance. Ils ont en face d’eux des commerciaux – et non des agents immobiliers – qui leur assurent être experts en location étudiante.

 

« Faire payer pour visiter un appartement est illégal »

 

Ces marchands de listes affirment aux étudiants qu‘ils ne vont payer que les frais d’inscription afin de les mettre en relation avec des propriétaires. En moyenne, ils leur demandent 290 €. Cela peut aller jusqu’à 450 €.

Le vendeur de listes n’a pas d’obligation de résultats. Ce sont les futurs locataires qui prennent contact directement avec les propriétaires indiqués sur la liste, et certains s’entendent dire « j’en ai marre que l’on m’appelle, mon appartement est loué depuis un an ». La chose à retenir c’est qu’il y a un ‘lézard’ si on vous demande de l’argent avant de signer le bail. Faire payer pour visiter un appartement est illégal.

 

Il faut également se méfier du « mandat cash urgent ». En gros, cela se passe souvent par un site de petites annonces et par mail. Lorsque vous contactez le supposé propriétaire, il répond qu’il n’habite pas dans la même région et aimerait que vous fassiez un mandat cash urgent simplement pour être rassuré, en cachant les chiffres de vos coordonnées bancaires sur le mandat. Ensuite, il vous rappelle en disant qu’il ne voit pas bien les autres données du mandat et vous demande de saisir le tout via un lien Internet. Là, vous devez saisir toutes les données et la somme peut être prélevée. Cela fonctionne moins bien que la vente de listes, car les gens restent plus méfiants vis-à-vis d’Internet.

 

Que faire quand on est victime ?

 

Contacter La Fabrique car nous avons une cellule qui centralise les plaintes, ainsi qu’un partenariat avec l’UFC-Que-choisir. Cela peut se faire par mail à stopvdl@fabrique-etudiante.fr ou par téléphone au 01.80.49.04.30.

Pour trouver un logement sans risque, je conseillerais de passer par lokaviz.fr, le portail logement étudiant du CROUS. Il répertorie les annonces de propriétaires qui louent des studios et des chambres. Son accès est réservé aux étudiants avec numéro INE (identifiant national étudiant). Le CROUS vérifie les annonces.

 

L’Etudiant

 

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